Le Canada, terre de conflits ethniques importés d’ailleurs

L’immigration a construit le Canada: risque-t-elle maintenant de déchirer notre pays? C’est la conclusion troublante d’un rapport Léger publié ce week-end dans le National Post. La société de recherche a demandé à 1500 Canadiens leur opinion sur les manifestations liées à la guerre Hamas-Israël au Canada, ainsi que sur la récente flambée des crimes haineux. Leurs réponses révèlent une grande préoccupation face à ces questions et à la manière dont la diversité ethnoculturelle a façonné notre réponse, ainsi que celle de nos politiciens.

La recherche rejette le mantra souvent répété du gouvernement actuel: «La diversité est notre force». Cinquante-six pour cent des Canadiens croient que même si certains éléments de diversité peuvent apporter de la force, certains éléments de diversité peuvent causer des problèmes et des conflits. En outre, 21 pour cent affirment que la diversité est définitivement à l’origine de problèmes et de conflits.

Et de peur que vous ne pensiez qu’il s’agit simplement du point de vue de vieux hommes blancs ayant fait des études secondaires dans les régions rurales du Canada, l’étude a révélé qu’un nombre égal de répondants blancs (55 pour cent) et BIPOC (56 pour cent) croient que la diversité est à la fois une priorité, une force et un problème. Un nombre égal de Québécois (55 pour cent) et de personnes du «reste du Canada» (56 pour cent) partagent ce point de vue. Plus de femmes (60 pour cent) que d’hommes (51 pour cent) et plus de diplômés universitaires (61 pour cent) que de Canadiens ayant fait des études secondaires ou collégiales (52 pour cent) sont également d’accord.

Cela ne devrait pas être surprenant. Une multitude de communautés ont été directement touchées par l’importation de conflits de l’étranger. Le mouvement séparatiste du Khalistan oppose les Sikhs aux Hindous et laisse des milliers de personnes au Canada se sentir en insécurité. Des étudiants juifs ont été visés par des croix gammées dans les toilettes des écoles de Toronto et des autocollants «I (Heart) Hamas» à l’Université de la Colombie-Britannique. Les étudiants soudanais de l’Université de Toronto se sont plaints que la timide réponse de l’école au génocide actuel au Soudan était inadéquate et anti-Noirs.

En d’autres termes, lorsque les problèmes du monde arrivent aux portes du Canada, nous ne parvenons pas à y répondre de manière cohérente. Et la façon dont nous gérons la diversité a un impact direct sur cette situation. Au lieu de fonder nos actions sur un ensemble commun de valeurs et de principes, tels que la liberté d’expression, le respect de la démocratie et l’égalité des sexes, des races et des religions, nous tombons dans le racisme, le tribalisme et l’intolérance. Cette situation est exacerbée par le double fléau des politiques identitaires qui accordent plus d’importance aux caractéristiques personnelles de chacun qu’aux concepts universels, et par des décennies de multiculturalisme financé par l’État, qui ont encouragé les nouveaux arrivants à conserver leur identité culturelle au profit des politiciens en quête de votes.

Voici la vérité toute crue: à moins que vous n’instilliez une attente de respect pour les valeurs du pays d’adoption, vous encouragez la division. La diversité ne devient pas une force, mais une faiblesse que d’autres nations, mouvements et organisations peuvent exploiter.

Que devrions-nous faire? Cinquante et un pour cent des Canadiens estiment que le gouvernement et les autres institutions devraient en faire davantage pour encourager les nouveaux arrivants au Canada à adopter les valeurs canadiennes de libéralisme et de tolérance envers les personnes d’autres confessions, races et orientations. Cinquante-cinq pour cent croient que la meilleure façon pour le Canada de gérer les nouveaux immigrants est d’encourager l’adoption des grandes valeurs et traditions dominantes et de les inciter à laisser derrière eux les éléments de leur identité culturelle qui pourraient être incompatibles avec cette démarche.

Les Canadiens ont également en tête des solutions plus spécifiques. Les trois quarts croient qu’une personne qui a un statut non permanent pendant son séjour au Canada et qui exprime publiquement sa haine envers un groupe minoritaire ou son soutien à toute organisation répertoriée par le gouvernement canadien comme groupe terroriste ne devrait pas être autorisée à rester au Canada. Et 69 pour cent pensent que les universités canadiennes devraient être des lieux où les opinions dissidentes peuvent être exprimées et discutées de manière civile et constructive.

En d’autres termes, les dirigeants de toutes les couches de la société civile – politiciens, entreprises et universitaires – ont beaucoup de travail à faire si nous voulons que la diversité enrichisse la société canadienne au lieu de la déchirer. Cela commence par se concentrer sur ce que représente le Canada, honorer son histoire et ses réalisations et mettre un terme au démantèlement idéologique incessant de notre pays en tant qu’État colonial et oppressif. La réalité est que la plupart des nouveaux arrivants sont venus ici pour échapper à des régimes qui perpétuent une oppression bien pire que celle que le Canada a jamais connue. Il est temps que nos dirigeants se lèvent et le disent.

Lire la version originale anglaise de ce texte sur le site du National Post

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